La dorure à la feuille d’or à Florence : guide d’un art traditionnel

juillet 24, 2026

Florence's Gold Leaf Gilding: A Guide to Traditional Art

L’attrait de l’or traverse les siècles. Depuis des millénaires, il symbolise le divin, l’éternité et le sacré. Pour le photographe fine art et artiste multidisciplinaire français Zack Zublena, l’or est bien plus qu’un matériau : il constitue le cœur d’une recherche artistique menée depuis de nombreuses années. Ce parcours, qui a façonné sa photographie fine art, l’a récemment conduit à Florence, berceau de la Renaissance, afin de s’immerger dans l’art traditionnel de la dorure à la feuille d’or. Sa formation au sein du prestigieux atelier Oro e Colore ne représente pas un nouveau commencement, mais l’approfondissement d’une relation profonde et évolutive avec l’un des éléments les plus vénérés par l’humanité.

L’or dans l’Égypte antique

La fascination de Zack pour l’or s’inscrit dans une vénération historique remontant à plusieurs millénaires. L’histoire de l’or dans l’art trouve l’une de ses expressions les plus anciennes et les plus puissantes dans l’Égypte antique, vers 2600 avant notre ère. Pour les Égyptiens, l’or n’était pas simplement un signe de richesse : il était considéré comme la « chair des dieux ». Sa nature incorruptible et son éclat lumineux en faisaient le matériau idéal pour représenter l’éternité et la divinité. Les pharaons en étaient recouverts pour leur voyage vers l’au-delà, tandis que les objets sacrés étaient ornés de sa lumière afin d’honorer les dieux.

Cette conception ancienne de l’or comme passage vers un état divin ou éternel nourrit une grande partie de la philosophie artistique de Zack. Il ne considère pas ces premiers usages comme de simples ornements, mais comme un langage symbolique sophistiqué destiné à évoquer la puissance vitale du soleil et la promesse de l’immortalité. C’est cette charge symbolique et cette relation avec le sacré qu’il explore depuis longtemps dans son travail photographique et qu’il approfondit désormais par une pratique directe de la matière.

De l’Égypte antique à la Florence de la Renaissance

La tradition sacrée de l’utilisation de l’or dans l’art a traversé les civilisations avant d’atteindre l’un de ses sommets techniques et artistiques dans la Florence de la Renaissance. Si l’Empire byzantin a préservé de nombreuses techniques de dorure, ce sont les maîtres florentins des XIVe et XVe siècles qui ont perfectionné l’art de la doratura a guazzo, ou dorure à l’eau. Entre leurs mains, la dorure traditionnelle à la feuille d’or à Florence permettait de baigner les retables religieux et les icônes dans une lumière céleste. Des artistes comme Giotto et Fra Angelico utilisaient des fonds d’or scintillants non pour représenter la réalité physique, mais pour ouvrir une fenêtre sur un royaume céleste situé hors du temps.

Cette évolution, des rites funéraires égyptiens aux retables florentins, marque un changement essentiel dans l’intention artistique. L’or n’était plus seulement la « chair des dieux », mais la lumière même du ciel rendue visible sur un panneau de bois. Cette maîtrise de la lumière et du symbolisme a établi Florence comme l’un des principaux centres de cet art et créé un héritage qui, plusieurs siècles plus tard, continue d’attirer des artistes comme Zack.

Formation pratique chez Oro e Colore

Pour se relier directement à cette tradition, Zack a suivi une formation pratique intensive chez Oro e Colore, un atelier florentin reconnu qui se consacre à la préservation et à la transmission des arts décoratifs traditionnels. Guidé par des artisans spécialisés, il y a appris le processus méticuleux et exigeant de la dorure à l’eau, non comme une simple leçon d’histoire, mais comme un savoir-faire vivant. Cette expérience ne consistait pas uniquement à acquérir une nouvelle compétence : elle lui a permis de s’immerger dans les dimensions physiques et philosophiques d’un matériau qui occupe depuis longtemps une place centrale dans son travail.

Apprendre les fondements de la dorure traditionnelle à l’eau

Gros plan sur l’application de feuilles d’or et d’argent pendant la formation de Zack Zublena à la dorure à Florence.

La technique florentine de la dorure à l’eau est un art lent et exigeant qui demande patience et précision. La formation de Zack a commencé par l’étape fondamentale, et sans doute la plus importante : la préparation de la surface. Contrairement à la dorure moderne à la mixtion, qui peut être appliquée sur de nombreuses surfaces, la dorure traditionnelle à l’eau nécessite une base de gesso parfaitement lisse, composée de colle animale et de plâtre. Zack a appris à appliquer jusqu’à huit couches très fines, chacune étant poncée jusqu’à l’obtention d’une surface parfaitement lisse, comparable au verre.

Une couche de bol est ensuite appliquée sur cette préparation. Cette argile particulière, mélangée à de la colle, constitue le dernier support destiné à recevoir la feuille d’or et détermine également sa tonalité finale. La couleur du bol, traditionnellement rouge, jaune ou noire, apporte à l’or une chaleur et une profondeur subtiles qu’aucune autre méthode ne permet d’obtenir. Pour Zack, ce travail préparatoire a révélé toute l’importance du travail invisible nécessaire à la création de l’effet lumineux final, un processus qu’il considère comme une forme de méditation artistique.

Zack Zublena travaillant avec un pinceau fin sur un panneau recouvert de feuilles d’or et d’argent chez Oro e Colore.

À l’intérieur de l’atelier Oro e Colore

L’atmosphère d’Oro e Colore est empreinte de calme et de concentration. Les outils utilisés sont intemporels : des pinceaux en poils d’écureuil servant de palette à dorer pour soulever les feuilles d’or d’une extrême finesse, ainsi que des pierres d’agate polies utilisées pour le brunissage. Manipuler une feuille d’or 24 carats, qui peut être battue jusqu’à atteindre une épaisseur inférieure à un micron, constitue un véritable exercice de maîtrise et de sensibilité. Zack décrit l’expérience consistant à utiliser son propre souffle pour déposer délicatement la feuille sur le bol préparé comme un moment de connexion profonde entre l’artiste et la matière.

Une fois l’or appliqué commence la magie du brunissage. En frottant la surface avec une pierre d’agate parfaitement lisse, le doreur comprime l’or et le bol sous-jacent, transformant l’aspect mat en une brillance intense, semblable à celle d’un miroir. Cette étape crée la lumière « divine » caractéristique des chefs-d’œuvre florentins. Grâce à ce processus physiquement exigeant, Zack acquiert une compréhension intime de la manière de travailler la lumière et la texture, un savoir qui nourrit directement l’ensemble de sa vision artistique.

Zack Zublena avec les artisans d’Oro e Colore dans leur école-atelier florentine, entourés de cadres dorés historiques et d’œuvres en restauration.

Comment le savoir-faire florentin enrichit la pratique artistique de Zack

Le travail de Zack bénéficie depuis longtemps d’une importante visibilité, notamment grâce à ses photographies fine art exposées dans plus de 120 clubs David Lloyd. Ses explorations de l’or dans ses collections photographiques, comme Golden Souls, reposaient déjà sur une compréhension conceptuelle et symbolique approfondie. Sa formation pratique à Florence enrichit désormais cette réflexion grâce à une connaissance tactile et matérielle.

L’apprentissage de la discipline propre à la dorure offre un nouveau vocabulaire à son art. Il crée un pont entre la nature éphémère de la photographie, qui saisit un instant de lumière, et la présence physique et durable de l’or. Cette relation directe avec le métal ouvre déjà de nouvelles voies d’expression créative, conduisant Zack au-delà de l’objectif photographique vers des œuvres tridimensionnelles et des créations en techniques mixtes.

Une nouvelle orientation vers les techniques mixtes

Dessin original de Zack Zublena pour un bas-relief de lion en techniques mixtes intégrant des feuilles d’or et d’argent.

Visualisation du concept d’une œuvre de lion en techniques mixtes développée par Zack Zublena avec des feuilles d’or et d’argent.

L’influence de sa formation florentine prend déjà forme dans une nouvelle orientation artistique. Zack développe actuellement une œuvre en techniques mixtes associant un bas-relief sculptural de lion à de véritables feuilles d’or 24 carats et d’argent. Cette création représente une évolution importante, faisant passer son art du plan bidimensionnel de la photographie à une forme sculpturale. Les techniques de préparation au gesso, d’application du bol et de brunissage apprises chez Oro e Colore sont toutes intégrées à cette nouvelle œuvre. Encore en cours de développement et ne faisant pas encore partie d’une collection ZZGALLERY accessible au public, elle annonce une fusion prometteuse entre son regard photographique et le savoir-faire tangible et intemporel de l’artisanat florentin.

Conclusion

Le parcours de Zack Zublena à Florence témoigne de l’engagement d’un artiste envers l’apprentissage permanent et l’approfondissement de sa vision créative. Du pouvoir symbolique de l’or dans l’Égypte antique à la maîtrise technique de la Renaissance, il suit une filiation historique afin d’enrichir sa propre pratique contemporaine. Cette immersion dans la dorure traditionnelle à la feuille d’or à Florence ne représente pas un éloignement de son travail photographique, mais son expansion, lui apportant de nouvelles textures, de nouvelles connaissances et de nouvelles possibilités.

Alors qu’il poursuit la création des photographies fine art proposées par ZZGALLERY, cette nouvelle connaissance tactile de l’or influencera certainement son travail de manière subtile et puissante. Son passage chez Oro e Colore renforce le lien intime qu’il entretient avec cette matière, permettant à son exploration continue de l’or de donner naissance à des œuvres toujours plus lumineuses, profondes et porteuses de sens.